Mell, après un excellent concert à L’Autre Canal précédant Alister et Mademoiselle K, nous offre sa loge et un peu de son temps pour une interview FYD. Apres quelques problèmes techniques, une bière et quelques clopes, Mell répond aux questions de son amie Dalila.
- Bonjour funk you dear !
- Bonjour MeLL. Combien de njp as tu fait ?
- C’est la troisième édition cette année. Ma première fois c’était en 2003 pour la pépinière en fête sous le chapiteau, puis au même chapiteau en 2005 pour la sortie du deuxième album … Véritable moment, parce qu’avec la sortie du deuxième album on avait envie de montrer qu’on était plus le jeune groupe amical du quartier mais un groupe prêt à passer une marche !
- Impression de ce soir ?
- Ce soir j’étais un peu diesel, j’ai eu du mal à me démarrer mais une fois partie, j’avais évidemment plus envie de m’arrêter. Je suis surtout ravie de renouer avec le public nancéen. Pour le troisième album, « c’est quand qu’on rigole », j’ai joué dans toute la France mais peu en lorraine et d’ailleurs pas du tout à Nancy… Bizarre.. Mais j’ai beaucoup joué au Québec. En fait j’ai fait énormément de dates pour cette tournée et ce qui est bien c’est que j’ai l’impression d’avoir avancé et du coup ce que j’ai pu présenter ce soir c’est carrément un avant-gout de ce qui va se passer ensuite. Il y avait des nouvelles chansons et peut-être le début d’un esprit qu’on trouvera sur le 4ème album …
- Alors le Québec ?
- On a joué deux soirs de suite aux francos et comme c’était la 3ème fois qu’on se déplaçait au québec quelques personnes nous y attendaient de pied ferme !
- Beaucoup de monde ?`
- 5000 personnes le premier soir, salle remplie, le second soir c’était une salle genre théâtre, 400 personnes.
- Comment ça se passe quand ils ne te connaissent pas ?
- Ils découvrent, ils se rapprochent, c’était sympa. Sur celui de 4OO personnes, c’était plus intime donc beaucoup plus amical. Sur celui de 5ooo, beaucoup moins direct, plus dans la musique, les gens ne m’attendent pas forcément mais les gens sont hyper biens, ils se rapprochent, je les sens vraiment conquis et prêts à te soutenir …
- Mieux qu’en France ?
- Oui, vraiment, plus de curiosité, tu viens de loin donc plus d’exotisme, et je ne crois pas qu’il y ait des filles qui fassent ce que je fais là bas !
- T’as appris des expressions de là bas ?
- Ils ont capoté, je vais parker mon char ! et puis je dis « là » à la fin de chaque phrase.
C’est pénible pour mon entourage. J’y ai encore passé du temps au mois de septembre, j’en reviens remplie à chaque fois.
- Quatrième album ?
- En projet, il faut faire murir les chansons, j’ai envie de prendre mon temps et d’être sure de ce que je raconte. Faire quelque chose de vraiment sincère, de plus précis et de plus recherché. Tout simplement envie d’aller plus loin et de fouiller en moi pour creuser un sillon encore plus personnel.
- Tu vas changer d’univers ?
- L’univers va changer, oui, comme moi j’ai pu changer. J’évolue dans la vie et du coup ma musique aussi.
- Ce soir, t’en as pensé quoi, t’es lorraine, ça fait plusieurs fois que tu joues sur scène … t’es toutes seule ?
- C’est un vrai face à face avec le public, tu te caches derrière rien.. Et puis, j’ai envie de me réapproprier mon son, mon univers, j’ai envie d’être claire dans ce que j’raconte, ça a le mérite d’être super sincère, c’est un son, c’est une liberté, j’peux faire les conneries que je veux.
- Dans ton prochain album, seule ou bien ?
- Pour l’instant je le fais seule, j’ai enregistré pas mal de trucs même de la batterie mais je vais prendre de vrais musiciens pour l’album, faut pas déconner je ne suis pas multi instrumentiste. Tout faire toute seule n’a pas vraiment d’intérêt au niveau musical `… Et puis je fais de la musique pour l’échange et pour être surprise. Et il est bien rare que je me surprenne toute seule..
- Comment as tu jonglé entre la tournée de Mell et le livre ?
- Y’a pas vraiment a jongler puisque j’écris sur la route, chez moi, c’est pas gênant, ca se complète. Après y a eu un gros boulot sur le bouquin au niveau graphisme mais j’allais pas tout le temps être sur le dos de la graphiste quand même ! Je l’ai déjà assez saoulée ! le bouquin, pour ma part, est quand même prêt depuis janvier… J’ai déjà commencé à écrire d’autres trucs.
- L’écriture, le graphisme c’est toi ?
- J’ai fait le graphisme de quelques phrases dans le recueil, sinon y a l’écriture et l’univers de la graphiste surtout. Elle a fait un boulot exemplaire, qui a bien fait ressortir l’univers. On s’est comprise sans s’être beaucoup parlé. Elle a vu où je voulais en venir et elle a optimisé mes mots je trouve. Elle s’appelle Barbara Wagner. Puis je le trouve pas prétentieux, ce sont des textes courts, forme de jeux de mots, c’est un format qui rentre pas dans les chansons, moi j’aimerais bien écrire des choses plus longues, un jour peut-être. J’avais déjà fait un premier recueil avec le 2nd album « la reine des guenons », c’est déjà une avancée.ça complète mon univers et ce que j’ai à dire et ça peut peut-être amener des gens à vouloir découvrir ma musique… qui sait.
- Pas une femme d’affaire ?
- Non, une femme de rencontre, j’pense être une femme de rencontre et j’ai soif de création, j’aime bien mettre en commun des choses créatives avec les gens que je rencontre.
- Comme avec Eddie la Goyatch ?
- Il m’a invitée sur son premier album, c’est un mec que j’adore et que je respecte vraiment beaucoup, j’ai pas hésité une seconde, j’ai juste chanté, j’ai pas écrit.
- Tu as continué à écrire ?
- J’ai commencé à écrire des nouvelles, j’espère qu’elles sortiront en 2009. C’est pas si indépendant par rapport à ma musique, si je faisais pas de musique de toute façon j’écrirai pas. Et pis j’écris quasi tout le temps. Je remplis pleins de petits carnets pour rien. Et pis d’un coup y’a un truc qui va servir à démarrer une histoire. J’ai commencé un fanzine aussi avec quelques potes messins. Je m’amuse bien. J’ai rencontré mon éditeur via la musique, en septembre 2007, c’était un hasard parce que j’avais écrit plusieurs recueils. Au Québec quand je suis partie j’en ai pris un, j’me suis dit que j’le filerai à la première personne avec qui il se passera quelque chose, juste pour voir, c’est tout. Et j’ai rencontré ce gars, je lui ai filé au bout de 2 jours. On est rentrés a paris ensemble dans le même avion, dans le même taxi, je savais pas qu’il était éditeur ! Et quand on arrive à sa destination je lui demande où on est il me répond « devant ma boîte d’édition » … ok … y’a quand même des hasards bizarres non ?.
- T’as senti le public ce soir ?
- J’suis contente, ça s’est très bien passé mais c’est vrai que j’ai pas senti le public tout de suite. Mais à la fin il était sacrément présent non ? Tu sais, c’est vraiment le début de cette tournée solo… le truc auquel je ne me fais pas c’est que le trac ! Il disparaît beaucoup moins vite qu’en groupe. Quand je suis seule, il part à la cinquième, à la sixième chanson… c’est encore une nouvelle expérience, mais j’pense que j’ai vraiment envie d’être seule... J’ai envie d’être juste, vraie, envie de partager un truc qui est très précieux avec le public, c’est à dire vraiment le morceau comme je l’ai écrit à la base, dans ma chambre. Et puis il y a cette liberté .. incroyable quand tu es seule. Non pas que les musiciens que j’ai eu ne me rendaient pas libre. Mais vu ce que je fais et qui je suis, je pense que c’est normal d’avoir cette envie là. Et pis, j’ai beaucoup joué seule mais y’a longtemps et là j’ai pris un peu d’expérience, ça fait longtemps que j’ai pas joué seule, j’ai envie d’aller au bout de quelque chose, faire de la scène vraiment, jongler un peu avec tout , j’pense que la proposition peut que être plus forte, t’es chez toi. Enfin j’suis chez moi.
- Mell en solo ? Vraiment solo ?
- Ouai, Mell en solo vraiment solo.
- Tu t’sens pas seule ?
- J’me sens pas seule mais solitaire. J’crois qu’il faut respecter ça, j’pensais que j’étais une fille de groupe mais en fait j’aime être seule, me retrouver sur la route, dans les trains … Mais attention, on est quand même quatre sur la route (un ingé son / un ingé lumière / un régisseur), y’a la même intention et la même implication humaine qu’avec un groupe finalement !
- T’as une certaine curiosité ?
- Je crois que si j‘arrête d’être curieuse j’aurais plus rien à dire dans mes chansons.
- Tu sais dire non ?
- Non mais j’y travaille !
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